Les anti-charbon maintiennent la pression

La foule a répondu en grand nombre à l’appel de la Plateforme Citoyenne, qui milite depuis 2012 contre la prolifération des centrales à charbon dans le pays

Ils étaient des centaines  à avoir fait le déplacement dans la cour de l’église Sainte-Marie-Madeleine, à Pointe-aux-Sables, le vendredi 28 mars, pour écouter les différents intervenants abordant le sujet du ‘Charbon ‘ et  le projet CT Power.

Les différents intervenants ont tour à tour expliqué les raisons pourquoi, selon eux,  le pays doit revoir sa copie sur la politique énergétique et rejeter le projet  CT Power.  Fabiani Balisson, le porte-parole de la Plateforme Citoyenne, a aussi commenté la récente déclaration du ministre de l’Energie, à l’effet que les travaux débuteront sur le chantier dans trois mois «alors que les promoteurs n’ont pas l’investissement nécessaire» et que «les 31 conditions imposées dans le rapport EIA n’ont pas toutes été remplies».

Yannick Cornet, autre membre de la plateforme, s’est attardé sur les différents accidents liés aux opérations des centrales à charbon à travers le monde depuis le début de l’année.  Il est aussi revenu sur la récente fermeture forcée d’une centrale à charbon de Tirreno, dans la province de Savone en Italie, suite à l’ouverture d’une enquête pour « catastrophe environnementale » et « homicide involontaire.

L’avocat Roshi Bhadain, qui agit comme conseiller légal de la Plateforme Citoyenne, est revenu sur les différents zones d’ombre autour du projet, mettant en doute l’expertise des promoteurs malaisiens dans la production d’énergie alors qu’ils sont spécialisés dans l’imprimerie. Il a qualifié le projet CT Power comme «l’incarnation de tous les maux qui gangrènent notre société ».

D’autre intervenants, à l’instar de Yan Hookoomsing et Michel Chiffone, ont fait l’apologie des énergies renouvelables et ont aussi annoncé la création d’une coopérative solaire à Balaclava sur une base pilote.

La coopérative solaire en attente de son enregistrement
Michel Chiffone, secrétaire de CARES, place le projet pilote de coopérative solaire dans le cadre d’une économie sociale et solidaire. La ferme solaire à Balaclava est un projet pilote initié par le Centre for Alternative Research and Studies (CARES) lancé l’année dernier en collaboration avec la Small Planters Association. Le projet fait suite à la mobilisation et la grève de la faim de Jeff Lingaya en janvier 2013 pour stopper la nouvelle centrale à charbon de CT Power. CARES faisait partie du comité de soutien de la grève. En octobre dernier CARES lance la campagne « For a Power Shift » et forme la « Peoples Co-operative Renewable Energy Coalition » qui regroupe des petits planteurs, des écologistes, des syndicats, des citoyens engagés et Rezistans ek Alternativ. Le 15 novembre 2013, CARES organise une conférence internationale et invite l’expert allemand Dieter Seifried co-auteur du livre « Renewable Energy – The fact 2011 ». Des études de faisabilité avec des sociétés spécialisées dans le domaine ont déjà été faites et présentées en janvier dernier. D’autres études sont en cours. Une assemblée pour former la coopérative a eu lieu le 11 mars dernier, à la suite de quoi nous avons fait une demande d’enregistrement auprès du Registrar des Coopératives. Cette initiative, il convient de le souligner, se situe dans la philosophie de l’économie sociale et solidaire où le peuple participe pleinement à l’économie du pays démocratiquement tout en respectant la nature et l’environnement. L’économie sociale et solidaire est une autre forme d’organisation économique et sociale de la société humaine qui existe dans différents pays du monde et qui donne une réponse alternative face à l’orthodoxie économique et à l’idéologie dominante. Nous espérons aussi que notre démarche contribuera à revaloriser le mouvement des Coopératives à Maurice, centenaire depuis l’année dernière.

Source: http://www.capital-online.info/vert-dur/les-anti-charbon-maintiennent-la-pression