Énergies renouvelables : Les propos de Shyam Thanoo font débat

energie-solaireLe gouvernement mise beaucoup sur la production d’électricité à travers les sources d’énergies renouvelables. Cependant, la déclaration du directeur général du CEB fait polémique.

Pour certains, Shyam Thanoo vient presque prendre à contre-pied les autorités lorsqu’il a lancé la phrase « Que faisons-nous s’il n’y a pas de soleil ou de vent ? » vendredi, à l’issue de la signature d’un ‘Power Purchase Agreement’ entre le CEB et CT Power.

Écologistes et militants anti-charbon disent ne pas comprendre pourquoi Shyam Thanoo n’a pas évoqué cet argument lors des délibérations de la National Energy Commission (NEC). Il représentait le CEB au sein de cette instance. « Aujourd’hui, le CEB ne peut dire que que le rapport de la NEC ne prend pas en considération le vent et le soleil. D’autant que ce rapport a été publié avec l’aval de toutes les parties concernées », souligne Yannick Cornet, membre de la Plateforme Citoyenne. Il ajoute que le ministre des Finances a suivi la recommandation de la NEC en accordant Rs 3 milliards au CEB pour permettre à la station de St-Louis de produire 60 mégawatts additionnels.

« Le CEB va à l’encontre du concept Maurice Ile-Durable. CT Power ne fera que doubler la quantité de charbon que Maurice importe », indique Yannick Cornet. Dans la foulée, il souligne que le PPA signé vendredi n’est qu’une mise à jour de celui qui avait été signé le 23 décembre 2008 et qui comprend certaines clauses qui pénalisent le CEB. D’où son insistance pour que le présent PPA soit rendu public.

Stockage
Sollicité, Osman Mahomed, président exécutif de la Commission Maurice Ile-Durable, soutient que Shyam Thanoo a soulevé un point intéressant. Sur l’aspect aléatoire des énergies renouvelables, il met en avant les possibilités de stockage, notamment à travers de batteries, la méthode de stockage à air compressé ou en pompant de l’eau pour faire tourner des turbines. « Je pense que le plus approprié pour nous serait le recours au stockage à travers des batteries.

Le problème, c’est que c’est un peu cher. Cependant, avec le cycle de vie des technologies, le coût devrait baisser. Il ne faut pas oublier l’objectif des 35 % d’énergies renouvelables que nous visons d’ici 2025 », soutient Osman Mohamed.  Il rappelle que le gouvernement a déjà signé pour 64 mégawatts d’énergies renouvelables.

Ce qui fera que le taux d’énergies renouvelables sur le réseau passera de 17 à 23 % d’ici fin 2015. En fait, le gouvernement s’attend à ce que ces projets soient concrétisés au plus vite par le secteur privé pour que le CEB puisse acheter cette énergie. Ces 64 mégawatts se répartissent comme suit : 29 mégawatts à Plaine-Sophie, 9 mégawatts à Plaine-des-Roches, 15 mégawatts à Bambous, 10 mégawatts à travers le pays et 5 mégawatts à partir des petits producteurs indépendants. Il ne faut pas non plus oublier que le gouvernement prévoit Rs 200 millions par année pour l’achat de ces énergies renouvelables.